Le poilu et la grosse

Avril 2015 

Les yeux à demi fermés je pars en exploration…

C’est doux, c’est tout doux, c’est Tigrou, mon Tigrou à la fourrure d’étoiles. Toujours les yeux clos je me blottis contre sa toison, me love dans ses bras… Dans le demi-​sommeil de l’aube, il me caresse négligemment.

Un de ses bras se trouve sous ma hanche… j’ai peur de l’écraser, d’abimer sa peau, de ternir les étoiles ! C’est vrai que moi je compte presque pour deux hommes… de quoi se sentir terne et balourde auprès de milliers d’étoiles.

Mais mon Tigrou n’a pas peur, né recule pas devant un territoire un peu plus large, une contrée un peu plus accidentée, une terre un peu plus longue à découvrir ! Il s’y aventure, roule, enjambe, parcourt, court, conquiert mon monde de collines et de vallées. Il dépose ça et là des étoiles, fiche habilement une ou deux flèches d’argent, plante quelques griffes, dessine un arc-​en-​ciel de sentiments sur mon corps rond…

Et moi je plonge toujours mes mains dans sa toison, joue avec ses étoiles, m’amuse avec leur éclat, m’émerveille de leur douceur…

Nous parcourons, admirons, aimons… sans jamais songer à saccager.